Vendre sur Shopify depuis l'étranger : ce que Shopify Payments exige vraiment
La boutique est prête, le produit aussi, et l'écran des paiements annonce que **Shopify Payments** n'est pas disponible dans votre pays. Une **LLC US** débloque la situation, mais pas de la façon qu'on vous vend habituellement. Voici les conditions réelles, les frais que personne ne chiffre, et l'obligation fiscale qu'une boutique en propre déclenche et qu'une place de marché vous épargnait.
8 min de lectureVous avez monté la boutique, importé le catalogue, réglé le thème. Reste à activer les paiements. Et là, Shopify Payments vous annonce qu'il n'est pas disponible dans votre pays, ou bien il s'active puis se coupe trois semaines plus tard, au moment précis où les premières commandes tombent.
C'est le mur le plus fréquent pour un vendeur non résident, et il n'a rien à voir avec la qualité de votre boutique. Il tient à une seule chose : l'entité qui encaisse.
Pourquoi Shopify Payments vous refuse
Shopify Payments n'est pas ouvert partout. Il fonctionne dans une liste fermée de pays, et cette liste suit les pays où le partenaire bancaire de Shopify peut verser des fonds. Si votre pays de résidence n'y figure pas, aucun réglage de boutique n'y changera quoi que ce soit.
La conséquence est immédiate. Sans Shopify Payments, vous passez par une passerelle tierce, et Shopify prélève alors des frais de transaction supplémentaires qui vont jusqu'à 2 % selon votre abonnement, en plus des frais de la passerelle elle-même. Sur cent mille dollars de ventes annuelles, ce sont deux mille dollars qui partent uniquement parce que vous n'êtes pas passé par leur solution maison.
Deux pour cent de frais additionnels sur une boutique à 100 000 $ de chiffre, c'est 2 000 $ par an. Une LLC américaine complète coûte une fraction de cette somme la première année, et rien de plus les suivantes que son maintien annuel.
Ce qu'une LLC US change concrètement
Avec une société américaine, vous ne demandez plus l'ouverture depuis votre pays de résidence, vous la demandez depuis les États-Unis. Il vous faut alors quatre choses, et elles vont ensemble.
Une entité immatriculée dans un État
C'est la base. Le choix de l'État importe peu pour Shopify, qui ne regarde que l'existence de la société et son numéro fiscal. Le Wyoming est le plus courant pour son coût de maintien.
Un numéro EIN
Le numéro d'identification fiscale de la société, délivré par l'IRS. Shopify le demande au moment de la vérification. Il s'obtient sans numéro de sécurité sociale américain, contrairement à ce qu'on lit souvent.
Un compte bancaire américain
C'est là que Shopify versera. Un IBAN européen ne convient pas, la plateforme attend un compte au format américain, avec numéro de routage. C'est la pièce qui bloque le plus de dossiers montés à moitié.
Une adresse commerciale aux États-Unis
Elle sert d'adresse de la société sur les documents et dans le compte marchand. Une adresse commerciale fournie avec la société suffit, il ne s'agit pas d'avoir un local.
Shopify vérifie aussi la personne qui dirige la société. Un passeport suffit dans la plupart des dossiers de non-résidents. Certains parcours demandent un numéro fiscal personnel américain : dans ce cas, un ITIN règle la question, mais il n'est pas exigé d'emblée.
L'obligation que votre boutique déclenche, et qu'Amazon vous épargnait
Voilà le point que les guides évitent. Sur une place de marché comme Amazon ou Etsy, la plateforme collecte et reverse la sales tax à votre place, parce que la loi américaine la désigne comme redevable. C'est le régime dit du marketplace facilitator.
Votre boutique Shopify n'est pas une place de marché. Vous vendez en direct, donc la responsabilité vous revient dès que vous franchissez un seuil dans un État, en général cent mille dollars de ventes ou deux cents transactions sur douze mois. Shopify peut calculer la taxe pour vous, il ne la déclare pas et ne la reverse pas.
Autrement dit, le jour où votre boutique décolle, vous devenez collecteur d'impôt dans les États où vous avez dépassé le seuil. Beaucoup de vendeurs le découvrent deux ans trop tard, avec des arriérés. Le sujet est détaillé dans notre article sur la sales tax face à la TVA.
Et l'impôt sur les bénéfices ?
Une LLC détenue par un non-résident, sans salarié ni bureau aux États-Unis, est en principe transparente fiscalement : elle ne paie pas d'impôt fédéral sur les sociétés, et les bénéfices se déclarent dans votre pays de résidence. Le fonctionnement exact est expliqué dans notre guide de la fiscalité des LLC pour non-résidents.
Cette transparence ne vous dispense de rien côté américain. La société dépose chaque année le formulaire 5472 accompagné d'un 1120 allégé, et son État lui réclame un rapport annuel. Ces deux obligations sont mécaniques, mais leur oubli coûte 25 000 $ d'amende pour la première.
Le raccourci qui coûte cher
Une pratique circule : utiliser le compte Shopify Payments d'un proche résidant dans un pays supporté. Elle fonctionne quelques semaines, puis la vérification d'identité tombe, le compte est suspendu et les fonds gelés le temps de l'examen. Vous perdez la trésorerie au pire moment, celui où les fournisseurs attendent.
La société américaine coûte moins cher que ce risque, et elle règle en même temps la question du versement, celle de la passerelle et celle de la crédibilité auprès des fournisseurs américains.
Ce que nous faisons à votre place
LLC Place dépose vos statuts auprès de l'État, obtient votre EIN auprès de l'IRS, vous fournit votre adresse commerciale américaine et vous accompagne jusqu'à l'ouverture du compte bancaire, celui-là même que vous renseignerez dans Shopify. Ensuite, la plateforme suit vos échéances annuelles et vous prévient avant chacune.
